Eveil et philosophie
par Varuna le 28, octobre , 2007 à 21:03

Varuna

photoQu'est ce qui m'amène ici ?: Sadhana et besoin de me lier, quelque soit la forme et les "phases" aux rares individus qui ont vraiment "reconnu" Sri Aurobindo et Mère ( et Satprem...).
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Extraits d’ « Eveil et philosophie » - Questions/Réponses, Natarajan

La conscience n’est pas morale. On dira ce que l’on voudra, mais le besoin d’expérimenter semble totalement associé à la manifestation de la conscience. C’est là où je dis que cette tendance naturelle peut être détournée ou freinée par les diktat religieux ou politiques. Par ce qu’on s’imagine que pousser à l’expérience c’est en quelque sorte pousser au vice, à la facilité, à la complaisance. Mais beaucoup d’individus qui ressentent profondément leur conscience sont capables d’expérimenter dans de nombreux domaines, sans se focaliser par exemple dans la quête du plaisir ou celle du pouvoir, ou celle de l’argent.
Encourager le goût de l’expérience, ce n’est pas pousser à la jouissance, mais c’est poser le cadre d’une confrontation à soi-même, qui s’effectue dans un registre large d’émotions et d’activités, de sentiments et de comportements, d’informations et de valeurs. Il faut naturellement trouver un contrepoids à cet amour de l’expérience, c’est le recul, la distanciation, la désidentification permanente. En ce cas, la procédure est possible, on augmente peut-être légèrement l’identification, mais on se prend tellement moins au jeu, que la désidentification finit par l’emporter, alors le travail se fait, et ce qu’on vit nourrit. On revient naturellement sur ce qu’on vit, et s’il faut jeter à la poubelle, on le fait, sans calculs, pour préserver l’intégrité.
Le seul sentiment moral authentique, c’est celui qui vient de l’intérieur, ce qu’on s’autorise ou s’interdit, entre soi et soi, et cela ne peut être rattaché que très grossièrement à des mythes fondateurs ou à des déontologies sociales. Les monastères sont remplis de gens qui n’en peuvent plus de se forcer à être polis, aimants, respectueux, justes et droits. L’être vital, qu’on partage avec les animaux, et qui est perclus de systèmes de désir, d’appropriation et de défense, est mis sous pression. La ligne extérieure comprime le mouvement intérieur, et cela ne marche que pour la minorité de ceux qui sont vraiment entièrement consacrés au mystère. La nature et l’esprit sont différents, mais souligner cette différence en les opposant jusqu’à en faire deux entités parallèles, ne facilite rien. C’est bon de lutter contre la nature pour ne pas être entraîné dans la complaisance du désir, et, là dessus, les éveillés, la plupart des philosophes et les moralistes sont d’accord. Mais la nature n’est pas mauvaise, ou alors il faut imaginer que le Divin est pervers, excellent du côté pile, du côté de la conscience qui s’élève, et tout à fait mauvais, voire méchant, du côté face, grosso modo, la perpétuation de la chair à travers les générations. C’est là que s’inscrit le mépris du corps, et partant, la lacune de ressenti véritable qui caractérise notre civilisation. On en revient à se priver d’expériences pour avoir établi des catégories artificielles, alors que le temps nous invite à tout goûter, tout aimer, tout refuser, c’est selon, dans le secret de chaque moment. Le ressenti doit être retrouvé, ce qui n’a rien à voir avec la complaisance émotionnelle. La liaison subtile à l’extérieur se perd, on ne sait plus respirer ni s’alimenter.
Et par expérience j’entends non seulement ce qui est gratifiant, mais tout ce qui ne l’est pas et nous pousse dans nos retranchements, les expériences de séparation d’avec les êtres chers, d’avec nos illusions, d’avec l’image de soi. La durée peut être d’une richesse infinie, mais il faut s’ouvrir totalement, traquer la moindre trace manipulatrice, qui veut que l’objet perçu corresponde à ce qu’on en attend. La «souffrance» peut être merveilleuse si l’on sait s’en servir, mais pour cela, d’abord l’accepter. Si l’on n’y parvient pas, on peut d’ailleurs développer des choses comme le cancer…L’individu peut revêtir la forme d’une expérience qui rate pour l’évolution. Je suis désolé. Nous ne sommes pas simplement ce que nous croyons être. Des contrats lient notre corps à notre identité, et parfois les mécanismes de la nature l’emportent sur ce que nous croyons être. Beaucoup d’êtres humains sont sacrifiés à l’expérience de l’univers. Si l’on ne s’aventure pas dans le mystère, si l’on suit ce qu’il faut penser et ne pas penser, on réplique forcément des schémas qui nous masquent l’essentiel, et l’émotionnel ne lâche pas, parce qu’il ne pressent pas d’évolution dans les changements.

QUESTION: Tu affirmes donc que le mental coupe non seulement du Réel en teintant la perception extérieure, mais qu’il coupe aussi de soi-même, en limitant la conscience d’autres zones, comme la vraie sensibilité, l’imagination pure, l’intuition, et même, le sentiment du corps?

RÉPONSE: Absolument. Les systèmes traditionnels l’attaquent en général complètement mais globalement, et sans vraiment s’en expliquer d’une manière exhaustive, ou seulement dans une perspective particulière. C’est-à-dire que certains maîtres vont dire que le mental est mauvais pour telle raison, et d’autres pour telles autres. C’est alors embêtant parce qu’on cherche à s’en débarrasser pour les raisons évoquées, et non pas parce qu’on en éprouve soi-même les limites. Et c’est aussi pour cela que la convergence des maîtres est difficile à obtenir. Pour le chinois, le mental empêche la réceptivité aux énergies fines du ciel et de la Terre, mais il n’est pas, et n’a jamais été diabolisé parce qu’il empêche le moi de se connaître. La culture chinoise a donc conservé des pratiques très abstraites, comme le yi-king, où l’on fait confiance à l’intelligence, qui participe, qu’on le veuille ou non, du monde mental, dans certains domaines précis et particuliers. C’est nuancé, et c’est une culture supérieure, qui traque tout déséquilibre.
En Inde, c’est plutôt l’inverse. On se moque que le mental empêche le contact avec l’extérieur dans sa dimension la plus profonde et la plus naturelle, car la nature est quelque peu méprisée, et la vie inspire méfiance; mais on le dénonce comme le producteur de pensées multiples qui donne de l’identité une fausse image, et qui détournent de la contemplation de «Dieu». C’est très difficile en Inde de savoir s’ils considèrent le Brahman comme une réalité extérieure, ou comme le sentiment subjectif de s’être éteint hors de la vie, car le Brahman est pour eux si vide et si fluide que même son existence se ramène à une non-existence…divine! Ils emberlificotent tout le monde les hindous. Le bouddhisme est plus mitigé, et attaque le mental générique car il renforce les mécanismes de l’inconscient si l’on n’intervient pas (le couple peur-désir à dissoudre) et prive également de la vacuité, dont le statut est difficile à comprendre. Elle ne serait pas une illusion, ce qui l’interdit d’appartenir au monde des phénomènes, mais étant vide de toute détermination, elle est inqualifiable.
Moi je trouve cela compliqué, et m’en tiens aux caractéristiques de l’éveil que j’ai expérimentées, c’est-à-dire la cessation de la pensée dynamique, l’esprit ne recherche vraiment plus rien, et c’est le sentiment de non-séparativité absolue avec l’extérieur qui mène la danse, mais dans un détachement où les choses existent et n’existent pas en même temps.
Je ne peux pas transmettre cette expérience, et le supramental l’a transformée. Je suis aujourd’hui convaincu que tout est absolument réel, même les illusions les plus tenaces, les vides les plus parfaits, les sommeils les plus profonds. Il n’y a strictement rien qu’on puisse disjoindre. Mais je me suis toujours servi de mon intelligence, qui m’a permis de voir les ruses du mental et que je ne confonds pas avec lui. Une certaine intelligence peut être utilisée dans la voie, et les grecs par exemple, ne l’ont jamais éliminée. Je sais que c’est discutable, car on peut s’attacher à elle, et le jugement d’Héraclite est sévère sur les soi-disant initiés qui cultivent encore l’intelligence. Héraclite a raison dans le fond, mais tout le monde ne peut pas se permettre d’aller aussi profond, et j’ai d’ailleurs déjà mentionné que l’intelligence était à double tranchant.

QUESTION: Comment se fait-il que le mental puisse représenter autant de choses différentes? J’ai l’impression qu’on ne se mettra jamais d’accord là-dessus, d’une culture à l’autre?

RÉPONSE: Cela n’a plus d’importance, la culture se meurt, pour le meilleur et pour le pire. Il y aura bientôt des dépôts de coca-cola dans les déserts, et ça coûtera peut-être moins cher que de creuser des puits. C’est à dire que le mental de l’Occident, parce qu’il est dynamique, impose ses valeurs partout. S’il existe de grands mouvements millénaristes qui prévoient régulièrement la fin du monde, c’est parce que nous avons peur de cela, de l’apparition définitive de l’homme urbain aliéné au travail dans les moindre recoins de la planète. Produire…
L’hypothèse la plus probable, c’est que le mental permet à l’univers de prendre conscience de lui-même à travers des créatures biologiques — en l’occurrence l’homme — et même une seule expérience mentale par galaxie ou métagalaxie, ça fout un bordel épouvantable aussi bien dans la nature qu’au sein des forces elles-mêmes. On est arrivé à scinder l’atome! La bombe thermonucléaire, c’est l’accident sur le chemin du Réel prenant conscience de lui-même à travers la montée du mental. Un gros pépin, compensé par la découverte du supramental de l’autre côté, au même moment. Le supramental aussi va à l’intérieur de la Matière, mais sans violence. Sri Aurobindo est le seul humain missionné, à ma connaissance, pour sortir la Terre de son marasme. Ce sont des moyens qui semblent biscornus, puisque même le Christ et d’autres avatars de son niveau n’en avaient pas connaissance, mais c’est le seul moyen, pour la Terre. Peut-être pas pour les âmes qui peuvent se réfugier ailleurs, mais pour la Terre, c’est le seul moyen.
Pour se dédouaner, on présente l’explosion thermonucléaire comme une «reconstitution de ce qui se passe dans le soleil». Sauf que le soleil donne la vie. Les scientifiques sont quand même en train de devenir plus dangereux que les politiques, et c’est vraiment parmi eux que des philosophes doivent se lever et prendre position pour les empêcher d’aller trop loin. Créer la TERRE prend des milliards d’années, tandis que les stocks de plutonium, d’ici cinq ou dix mille ans, peuvent se libérer à cause d’un cataclysme par exemple. L’homme n’est pas foncièrement une créature compétente, et ça se révèle tous les jours, et en dépit de cela, tout le monde pavoise du matin au soir. Il y a vraiment quelque chose qui m’échappe. Cette ivresse existentielle destructrice, c’est vraiment une horreur.

QUESTION: Comment transformes-tu ton sentiment d’impuissance?

RÉPONSE: Il y a encore des contingents d’armée aux frontières, et même des troubles en Europe. Pour le supramental cosmique, celui qui m’anime quand je le laisse faire et que j’oublie ma condition d’homme dans la perception pure, c’est évident, car il voit tout en même temps. Il se régale des ruses de la Manifestation, des crocs-en-jambe qu’Elle se fait à elle-même pour grandir. Mais dès que je ne suis plus dans l’ananda supramental (d’ailleurs parfois «c’est fait pour») tu ne comprends même plus comment font les êtres humains pour ne pas se reconnaître comme étant la même chose, le même être démultiplié. Tu vois alors l’empire de la forme, la différenciation individuelle a tout atomisé, fragmenté, séparé, démembré, mais ça ne peut pas être autrement. Chaque individu, s’il n’entre pas dans le processus spirituel, s’éloigne par le mental de tous les autres à la vitesse de la lumière. C’est d’une hypocrisie pharaonique d’œuvrer pour la paix. Cela attise les conflits. C’est aussi idiot que d’entrer dans un bordel pour prêcher l’abstinence.
La paix, c’est l’apparence, ou le répit. Le futur éveillé est en guerre perpétuelle, même si c’est une guerre contre la violence ou sa propre violence, c’est une guerre quand même, un combat. Il y a des enjeux dans chaque creuset d’instant. Ce n’est pas la paix que nous devons instaurer, mais de vrais combats. Cela, c’est une recherche commune chez l’éveillé et le philosophe: trouver un vrai combat, aller aux racines des problèmes, ne pas faire semblant; ne pas se rassurer par des emplâtres sur la jambe de bois.
Les mouvements acceptés à des fins conservatrices me font mourir de rire, c’est du chantage. «Je veux bien lâcher ça, madame la marchande, mais vous devez me donner ça à la place».
Sous-entendu, je vais bouger à condition d’assurer mes arrières. Cela, c’est le mental tout craché. C’est vraiment un truc collant, qui prétend soumettre la durée à son caprice, mais je ne le laisserai pas faire.

QUESTION: En fin de compte, j’avais l’impression que tu t’exprimais assez librement, mais que cela restait presque inaccessible. Avec ce que tu avances sur la résistance évolutive — désir, appropriation, défense —, tu recoupes toutes les découvertes. L’ensemble du problème s’enroule autour de trois notions complémentaires seulement.

RÉPONSE: Toutes les choses évoluent. Bouddha a raison avec son système de peur/désir, l’envers et l’endroit d’une même médaille. Mais il y a plus que cela. Les recherches modernes en physiologie, ethnologie, psychologie, et même psychiatrie (sans compter les transmissions génétiques) montrent bien, en extrapolant un peu, que la conscience du territoire est quelque chose de bien ancré dans le sujet biologique, et quasi indécrottable, une couche menant à une autre. L’appropriation n’est pas seulement possessive, cela c’est le côté superficiel, épidermique, morphologique.
L’appropriation c’est aussi plus subtil, c’est se former une image du monde, infiniment réduite bien entendu, qui fait que le monde, ou le Réel, devient le territoire du moi. Mais ce n’est pas l’espace véritable, ni l’étendue authentique. L’espace est une dimension physique. L’étendue c’est une vision sans bornes, qui vient du dedans, s’il se tourne vraiment vers le mystère, la conscience, s’il abandonne le quantitatif.
L’appropriation subtile, c’est une photo du réel prise avec un amalgame de sensations, de désirs, de buts, d’émotions, de valeurs, de sentiments du moi. C’est un vulgaire cliché qui tient dans une mire quadrillée, et tout ce qui n’entre pas dans les petits carrés de la mire, est rejeté. C’est cela le véritable obstacle, le filtre mental. C’est lui qui cautionne ce qui arrive par la suite. C’est un verre de visée plein de géométrie factice, de symétrie mal comprise, où n’importe quoi devient l’opposé de tout autre n’importe quoi vu à l’envers. C’est ça le pire, la vision fragmentaire, mélangée et subjective jusqu’à l’arbitraire, de la Manifestation. Mais l’animal manqué qui pense, qui est forcé de dire moi-je, est obligé de passer par là. Il n’est plus dans la pureté de l’automatisme naturel, il n’est pas dans le non mental qui perçoit, sans rien faire porter d’anthropomorphique, aux objets concrets ou abstraits, qu’il saisit.
Le mental, c’est la machine à rendre conforme à soi-même l’infini Réel, le mystérieux autre insaisissable, le fluide moment sans origine ni fin.
Quant à la défense, ce sont des mécanismes qui empêchent l’entrée du Réel dans le filtre. Comme le Réel est très puissant, il faut des défenses puissantes pour l’empêcher de casser le filtre, et elles sont là. C’est l’héritage de l’évolution. Si l’antilope découvrait la bonté, elle se laisserait manger par le lion, et il n’y aurait bientôt plus que des lions condamnés à mourir de faim ou à s’entre-déchirer ou à devenir végétariens. Si tous les herbivores découvraient d’un seul coup qu’ils sont faits, non seulement pour se reproduire, mais pour nourrir les carnassiers, et qu’ils l’acceptent en allant se jeter dans la gueule du loup, la nature ne tiendrait pas le coup. Mais pour l’homme, la situation est différente, et ce sont ceux qui n’ont rien à défendre qui sont le plus libres, bien sûr, mais sans doute aussi les plus conscients. Ils ont fait tomber les défenses, quitte à moins savoir s’identifier à leur origine familiale et culturelle. Ils ont transformé la conscience du territoire, et le Christ, entre autres, agissait aussi pour cette transformation. Abolir les filtres n’est pas un processus naturel, cela doit venir d’en-haut, et cela brise l’homogénéité naturelle.
Par la suite, l’individu est plus conscient mais moins automatique.
Les prédateurs passent leur temps à chasser de leur espace les autres prédateurs proches qui pourraient convoiter les mêmes proies. J’ai l’impression que c’est la même chose au-dessus: des groupes de vérité s’affrontent, pour s’accaparer le moment, la proie par excellence. Selon que tu veuilles défendre ta sécurité ou ta liberté, tes attachements affectifs ou ton ascèse, ton image ou ton identité, ton rôle ou ton intégrité, des groupes de représentations différentes se présentent et s’affrontent pour faire valoir chacune un avenir concurrent, car deux avenirs distincts ne peuvent pas occuper la même et unique durée disponible.
La morale, l’éthique, la foi religieuse, la conviction philosophique, font pipi autour du territoire mental du moi, et empêchent l’intrusion de l’Absolu, de la perception pure, du Tao. L’homme tient à sa vision du monde. Pourvu que ce soit la sienne, elle est meilleure qu’une autre.

Il n’y plus rien à dire après cela.

Les philosophes sceptiques savaient que cela fonctionne ainsi, et tout le monde leur en voulait d’être désabusés, alors qu’ils étaient simplement sortis du culte de la vision subjective. Si tu trouves l’éveil, tu peux le garder pour toi, ou t’exposer, c’est la même chose. On peut gagner des univers sublimes sous le mépris des autres, il n’aide pas mais n’empêche rien. À la barbe de tous, un moi ouvert et qui ne paie pas de mine peut attirer à lui le soi, puis le Divin. C’est cela le plus amusant, l’intraçabilité du cheminement exhaustif. J’ai repris pendant des années le même texte, réellement descendu d’autre part, et la seule chose qui revenait comme un leitmotiv, c’était la dominance. Je la retrouvais partout, partout. Jusque dans le paternalisme et le néo-colonialisme du droit d’ingérence des fondateurs du Droit international. Il faut passer par là, je ne le conteste pas, c’est un mouvement incœrcible, mais ce n’est pas cela le problème. Les choses correspondent vraiment à leurs causes, jusqu’à un certain point.
Substituer une dominance à une autre, c’est déplacer le même tas de cailloux sur un site plus convenable. C’est pour cela que certains font attention quand ils changent de religion, de philosophie, de maître. Ils savent qu’une part du moi cherche une soumission sécuritaire, et ils se méfient de leurs préférences.
Le besoin de transcendance n’est pas logé partout par l’Histoire, dans le même lieu. Pour beaucoup de religions, c’est la consécration de l’âme qui prime et le temps terrestre y est subordonné. Le terrestre est subordonné au céleste, la mine disponible d’expérience est inféodée à un plan. L’incarnation devient le levier pour quelque chose qui me semble personnellement aléatoire.
Lao-Tseu, Bouddha, Sri Aurobindo disent non: non, il n’y a rien à attendre du projet céleste pour transformer la Terre, et les faits le prouvent. Transformons ce que nous sommes, et l’on verra bien où cela nous mènera.
Quand on loge le besoin de transcendance autre part que dans la vie elle-même, quand on le justifie dans la peur de la mort, la nostalgie d’une condition prénatale, ou dans la fuite de l’immanent, le mouvement vers le temps est impur.
Dès que le filtre mental est pris en défaut, la transcendance s’engouffre, et elle n’a rien à sauver, puisque elle se manifeste.

QUESTION: Alors pourquoi est-il si difficile d’en sortir?

RÉPONSE: Parce qu’on veut que les motivations aboutissent. On ne lâche prise que si c’est notre intérêt de le faire. Le Divin existe, et je n’en suis pas responsable, ni vraiment responsable qu’Il m’ait choisi. J’ai peut-être eu une courbe karmique qui facilitait les choses, mais je trouve aujourd’hui l’homme particulièrement obscène, et c’est cela qui l’empêche d’évoluer. Je ne parle pas de l’obscénité du manque de pudeur. Je parle de l’obscénité mentale: s’imaginer que le Divin est presque au service de notre volonté de réalisation personnelle. Il y a quelque chose de profond dans ce que j’ai découvert et nommé l’appropriation subtile, il y a la clé.
Parvenir à vivre sans territoire mental, c’est cela la solution. À ce moment-là, pas de problème de frontières, d’adversaires, de légitimité. Cesser de s’approprier le réel par le discours. S’en approcher, le dé-couvrir, ne jamais l’enfermer dans ce qu’on sait déjà de lui, car il réserve des surprises!
Nul être humain n’est responsable du Divin, vous plaisantez, ou alors vous n’avez jamais ressenti la force gravitationnelle dans votre corps, vous n’avez jamais expérimenté la cohérence absolue des planètes qui ne tombent ni vers le dedans ni vers le dehors par une vitesse appropriée? Le DIVIN, c’est vraiment quelque chose, et toutes nos plaintes vers lui et nos séductions l’indiffèrent. La danse de Shiva, le tourbillon atomique qui pénètre tout est une réalité extraordinaire. Je me suis rendu à l’intérieur de la Matière, et il se trouve que c’est purement et simplement l’ESPRIT. Mais chacun est libre de chercher là où il veut, comme Nasruddin cherchait ses lunettes sous le réverbère, parce qu’il y avait de la lumière dessous, alors qu’il savait les avoir perdues dans le noir, et il ne voulait pas tâtonner.

La liberté, il n’y a que ça de vrai.

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Vos réactions: (2 réactions) »
par gerard de dkSamedi 22 décembre 2007 20:54

gerard remercie Natarajan de s,exprimer sur notre site qui se veut sincére!!!Mais qui comprendra ses >ecrits>le supramental s,expliquera de lui meme nous dit l,IMMENSE SRI aurobindo.il PEUT PRENDRE DIFF2RENTES FORMES?SELON LES >>INDIVIDUS ET L?EUR PROPRE EVOLUTION!!!en parler!!c,est encore des mots qui viennent du mental!!!ce n,est pas du supramental!!!le supramental n,est pas une une Revelation,ni un enseignement de plus!!!nous dit DOUCE MERE DANS SON AGENDA)))mais une action venant directement du supreme .GERARD REGRETTE QUE NATARAJAN parle trés peut de SATPREM,???sans lui!il ne pourrai pas lire l,AGENDA;;et ce n,est pas en faisant des seminaires sur le >>supramental!!ou sur des MEDITATIONS SOIT-disant QUANTIQUES QUE LA TERRESERA TRANSFORME>>LA NATURESE VENGE,car elle sait que des mutations s,ont en train de se produires au coeur meme des cellules;nous faisons parti intégrante de cette nature)))il faut devenir conscient de ses CELLULES!!!et pratiquer LE YOGA DES CELLULES;;;i_l ne faut pas recommencer tout le travail effectué par sri aurobindo et MERE,,,exemple>>certains,sur le site se >>gave en voulant à tout prix pratiquer le yoga integral

par anandaMercredi 26 mars 2008 11:41

Je remercie Varuna de me(nous?)faire connaître Natarajan…à ce qu’il me semble, il sait de quoi il parle, il est…”juste” et cela me fait plaisir d’apprendre que nous sommes plusieurs à avancer…Gérard, Natarajan parle-très bien je trouve- de Satprem dans d’autres écrits…mais je ne vois pas comment “parler de Satprem” et de ce qu’il a fait pour sauver l’Agenda, peut faire avancer dans le yoga des cellules, qui consiste à accueillir le plan supramental dans “notre” matière; pour cela il faut bien “pratiquer” c’est à dire vivre l’expérience toujours nouvelle qui nous est dévolue et qu’on peut appeler “yoga intégral” dans la conscience que Sri Aurobindo et Mère ont commencé quelque chose de nouveau, qu’il nous faut continuer…il ne s’agit pas de “refaire”, tout est toujours nouveau et Natarajan l’exprime très bien…il exprime à sa manière quelque chose du Réel qu’il vit, et cela peut aider ceux qui sincèrement essayent de s’ouvrir à une Réalité plus vaste, et j’aime comme il prévient qu’il n’y faut aucune complaisance…Merci à Varuna, et à Natarajan…Tout est bien

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