L’Amour et le Yoga Divin - 2
par Varuna le 22, octobre , 2007 à 1:41
Varuna
Qu'est ce qui m'amène ici ?:
Sadhana et besoin de me lier, quelque soit la forme et les "phases" aux rares individus qui ont vraiment "reconnu" Sri Aurobindo et Mère ( et Satprem...).Voir plus d'article de Varuna
L’amour
“L’amour, dans son essence, est la joie de l’identité; il trouve son ultime expression dans la félicité de l’union.”
Être uni, être UN en deux, c’est la dualité d’être mais c’est aussi la félicité de l’union. Un pont de lumière est lancé entre les deux psychiques mais aussi entre tous les éléments de l’être.
Bien des amants ont perçu, d’une manière parfois très nette, l’existence d’une sorte de champ magnétique intense près de la peau de l’aimé(e), ainsi que le contact entre ces deux auras lorsque les deux corps se rapprochent avant de se toucher physiquement. L’union des auras est donc réelle; les deux auras ne font plus qu’une aura, comme un cocon de lumière.
On peut d’ailleurs, scientifiquement parlant, mesurer les champs magnétiques et leurs fluctuations ou des différences de potentiel électrique sur la peau des patients en fonction de leur état psychologique ou physiologique. Ces fluctuations — mesurables — démontrent “qu’il se passe quelque chose d’autre”.
Une récente découverte confirme les enseignements de la Tradition: l’émission par les cellules vivantes de rayons électromagnétiques ténus et cohérents. Le caractère de cohérence donne à ce rayonnement la propriété de résonance du laser et son extraordinaire pouvoir énergétique.
Une série d’expériences délicates, mais irréfutables, montre que cet effet “laser” provient d’une résonance entre les photons. Ce phénomène est bien de nature électromagnétique puisqu’il peut se manifester à distance et n’est donc pas dû à quelque réaction de métabolisme chimique interne.
Il se trouve que les corps non incandescents, comme par exemple le corps humain, sont, eux aussi, capables d’émettre des radiations de diverses fréquences, qu’on appelle la luminescence et, dans le cas des êtres vivants, la bioluminescence. Les corps non incandescents, comme les êtres vivants, n’émettent ces particules qu’à de très faibles fréquences, comme un fusil coup par coup. C’est la raison pour laquelle la bioluminescence n’entre pas dans le spectre des radiations connues, des rayons gamma aux ondes hertziennes.
La Tradition enseigne que les cellules communiquent entre elles parce qu’elles ont une conscience, elle-même soumise à une conscience d’organe, soumise à la conscience générale du corps. Les manifestations lumineuses ou magnétiques sont les manifestations matérielles de la conscience cellulaire.
Si les cellules communiquant entre elles, les corps des amants communiquent directement entre eux. L’union, sur un plan encore trop ténu pour l’observation profane, est bien réelle.
Les Grecs disaient que l’Amour précédait la Création: le psychique est amour, et il est à l’origine des êtres.
S’identifier au Divin, c’est se fondre. Au niveau individuel, c’est la réunification; chacun est séparé, isolé; l’amour rapproche: c’est le début de la grande fusion, celle qui synthétise au lieu de dissoudre. C’est l’union d’éléments séparés et conscients, c’est l’union des facettes, c’est la construction ou la reconstitution d’un aimant à deux pôles.
L’amour n’a pas été inventé (comme le disent certains théoriciens rasant la terre) pour supporter ou mener à la reproduction. Il la précède. L’amour peut se passer de toute reproduction matérielle.
Le psychique connaît vraiment la joie de l’identité: il est d’essence divine; il retrouve le Divin dans l’autre psychique; il s’identifie à son Origine, le Divin. Les deux amants s’ouvrent au psychique et partagent cette joie double.
Ainsi, la joie de l’identité peut se lire de deux manières:
• se retrouver en miroir dans l’autre
• s’identifier à l’être duel (la sphère originelle de Platon)
La joie de l’identité (ou de l’identification) se retrouve dès que brille la lumière psychique dans et à travers le corps psychique (cakra du cœur).
La Mère parle de l’Amour pour le Divin, mais il est facile de transposer au niveau humain cette immense Force créatrice: l’humain est une parcelle du Divin et le psychique en est l’essence même. Lisons Les quatre austérités et les quatre libérations:
“Au début de cette manifestation, dans la pureté de son origine, l’amour est constitué de deux mouvements, les deux pôles complémentaires de l’élan vers la fusion complète. C’est d’une part le pouvoir d’attraction suprême et de l’autre le besoin irrésistible du don absolu de soi. Aucun mouvement ne pouvait mieux et plus que celui-là jeter un pont sur l’abîme qui se creuse dans, dans l’être individuel, la conscience se sépara de son origine et devint inconscience.”
(La Mère, Éducation, S.A.A., Pondichéry, 1981, p. 75)
Si l’on veut bien se souvenir de la sphère originelle de Platon, la transposition est facile.
Amour éternel
L’immense épopée de 23 813 vers de Sri Aurobindo met en scène des personnages transcendants; mais l’amour qui les anime, idéal, parfait, doit servir de modèle pour les amants sincères.
Au départ, la légende de Satyavan et Savitri est présentée dans le Mahabharata comme une simple histoire d’amour conjugal conquérant la mort; on reconnaît la légende d’Orphée, bien plus tardive. Mais il s’agit en fait d’un mythe, donc d’une histoire à déchiffrer. Sri Aurobindo nous le décode:
“Satyavan est l’âme qui porte en elle la divine vérité d’être, mais elle est descendue dans les serres de la mort et de l’ignorance; Savitri est le Verbe divin, la fille du Soleil, la déesse de la suprême Vérité qui descend et naît pour sauver. [...]
Il ne s’agit pas seulement d’une allégorie, les personnages ne sont pas des qualités personnifiées, mais des incarnations ou des émanations de Forces vivantes et conscientes avec lesquelles nous pouvons concrètement entrer en contact et qui revêtent des corps humains pour aider l’homme et lui montrer le chemin qui va de son état mortel à une conscience divine et une vie immortelle.”
(Savitri, Auropress, 1977 —Traduction de la Mère)
Ce que dit le Seigneur de la Mort à l’Amante:
Ô voyageuse dans le char du Soleil,
Grande prêtresse du sanctuaire de la fantaisie sainte,
Qui, dans la maison de la terre, avec un rituel magique,
Adores l’idéal et l’amour éternel,
Qu’est cet amour que ta pensée a déifié,
Cette légende sacrée, ce mythe immortel ?
…………..
Si Satyavan avait vécu, l’amour serait mort;
Mais Satyavan est mort et l’amour vivra
Pendant quelques temps dans ta poitrine douloureuse jusqu’à ce que
La figure et le corps s’effacent du mur de la mémoire
Où d’autres corps, d’autres figures viennent.
…………………..
Précaire dans son immortalité,
Il a mille moyens de souffrir et de mourir;
L’amour ne peut pas vivre sur la seule nourriture céleste,
Il ne peut survivre que par la sève de la terre.
………………
Ton besoin peut se fatiguer et cesser ou tourner ailleurs
Ou l’amour peut rencontrer une fin terrible et sans pitié
Par la trahison amère, ou la fureur avec ses blessures cruelles
Séparé, ou ta volonté insatisfaite, vers d’autres
S’en va, quand la joie du premier amour est dépouillée et détruite;
Une terne indifférence remplace la flamme
Ou une habitude affectueuse imite l’amour;
Une union extérieure et inquiète se prolonge
Ou la routine d’une vie de compromis.
Dans ce qui semblait être un terrain spirituel
Par une aventure divine de pouvoirs célestes,
Deux êtres se débattent, constants associés sans joie,
Deux ego s’efforcent dans une seule laisse,
Deux mentalités divisées par leurs pensées discordantes,
Deux esprits disjoints, à jamais séparés.
…………
Bientôt la dure réalité t’éveillera en frappant:
La pure félicité eut un commencement, et doit avoir une fin.
…………
Voici ce que répond l’Amante, Savitri:
Tes mensonges mélangés à de tristes tendances de vérité.
Mais j’interdis à ta voix de tuer mon âme.
Mon amour n’est pas une faim du cœur,
Mon amour n’est pas un désir de la chair;
Il m’est venu de Dieu, à Dieu il retourne.
Même dans tout ce que la vie et l’homme ont défiguré
On entend encore un murmure de divinité,
On sent un souffle des sphères éternelles.
Autorisé par le Ciel et merveilleux pour l’homme
Un doux rythme de feu de la passion chante à l’amour.
Il y a un espoir dans son cri sauvage infini;
Il résonne d’appels venant des hauteurs oubliées
Et quand ses accents se taisent dans des âmes de haute envolée
Dans leur empyrée, son souffle brûlant
Survit au-delà, le cœur joyeux des soleils
Cette flamme à jamais pure dans des cieux invisibles,
Une voix de l’Extase éternelle.
……
Car nous sommes l’homme et la femme depuis le commencement,
Les âmes jumelles nées d’un feu unique qui ne s’éteint pas.
………
Me désirant depuis que le monde commença.
Il surgit comme une vague déréglée hors des flots
Et m’attira, sans défense, dans des mers de béatitude.
………
Et j’ai couru charmée vers sa vois lointaine
Et me suis empressée vers lui en passant de terribles barrières.
S’il y a un dieu encore plus grand et plus heureux,
Qu’il revête d’abord la figure de Satyavan
Et que son âme soit une avec celui que j’aime:
Ainsi qu’il me recherche pour que je le désire.
Car un seul cœur bat au-dedans de ma poitrine
Et un seul dieu est assis là sur le trône.
(Savitri, Auropress, 1977 —Traduction de la Mère)
Superbe,c’est vraiment cela
Bouleversant ! merci !
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