Mâ Suryananda Lâkhsmî
par ananda le 20, mai , 2008 à 1:00
ananda
je suis une femme de 58 ans; une longue saddhana m'a conduite à Sri AurobindoMira, à travers Mâ Suryananda Lakshmî. Je suis concentrée sur l'ouverture à la Mère jusque dans le corps et essaye de vivre "sans aucune idée d'importance personnelle", et j'en reste donc à l'essentiel:OM Namoh Bhagavate!Voir plus d'article de ananda
Si j’ai choisi de parler de Mâ sur ce site, c’est qu’elle est pour moi un modèle d’intégrité spirituelle, une servante du Divin, chez qui le spirituel n’est pas mélangé, déformé, ou souillé par les préoccupations personnelles.
Le premier livre publié par Mâ est à l’image de toute sa vie, et de son enseignement ; il parut sous son nom hindou, sans aucune référence personnelle. Elle avait écrit ses visions des Dieux hindous, avec une précision presque scientifique, et c’est Jean Herbert, qu’elle avait rencontré « par hasard » dans un train, des années plus tôt, alors qu’elle était une jeune fille, qui l’a publiée chez Albin-Michel dans sa collection « Spiritualités vivantes », dans les années 60. Ils avaient tout naturellement parlé de recherche spirituelle, et il lui avait offert la Bhagavad Gitâ, commentée par Sri Aurobindo. Ils étaient restés en contact, et c’est elle, qui vivait à Genève, qui fut le lien entre l’Ashram et lui pendant la seconde guerre mondiale : elle reçut le manuscrit du « secret du Veda » de Sri Aurobindo, et le fit parvenir à Paris.
A cette époque, elle expliquait la Gîta à un groupe d’amis, pendant le couvre-feu. Elle écrivait des poèmes, et avait fait des études classiques et musicales. Elle avait lu le Karma-Yoga de Swami Vivekananda, prêté par son professeur de philosophie, à qui elle avait confié qu’elle n’était pas satisfaite des réponses données par les représentants des églises chrétiennes : elle sentait qu’il y avait autre chose à comprendre des textes sacrés. Noutte Sunier se maria, en Suisse, avec un médecin (et elle devint Noutte Genton-Sunier), et eut 4 enfants. Elle aidait son mari en faisant les préparations pharmaceutiques, car ils vivaient dans un petit village. Et en secret, en vivant sa vie quotidienne de mère de famille qui aidait beaucoup son mari, elle commença (grâce à une maladie, elle eut l’occasion de s’isoler pendant 3 mois à la montagne) et poursuivit une sâdhana hindoue, remplie d’expériences spirituelles, souvent extraordinaires ; elle eut la grâce de la Lumière et des Visions, mais jamais n’en parla (pendant plus de 20 ans, personne dans son entourage ne sut ce qu’elle vivait). Elle demanda, par une lettre très courte à Sri Aurobindo d’être son Maître, et elle reçut sa réponse par une vision ; dès lors, Il la conduisit dans son ascèse secrète, et lui donna le nom de Suryananda Laksmï.
Elle reçut le nom de Mâ de Sri Mâ Ananda Mayi. Elle dit avoir été conduite principalement par Sri Aurobindo, mais Sri Ramakrisna, Mâ Ananda Mayi et Ramana Maharshi eurent aussi un grand rôle dans sa vie intérieure. Après des années de saddhana et de samadhis, elle sut qu’elle devait vivre une vie intérieure ordinaire, comme si elle faisait descendre
Pourtant, elle prenait garde qu’aucun de ses auditeurs ne confonde sa démarche avec un quelconque syncrétisme : le respect de chaque voie spirituelle, la compréhension de chaque spécificité font partie d’une compréhension juste. Elle disait, comme les Hindous, que c’était le Divin (l’Ishta choisit son dévôt) qui choisissait la voie à suivre, et que toujours, c’est le Divin qui s’approche de nous, « toujours un Seul et Le Même sous tous les Noms qu’Il s’est donnés ».
Une de ses amies qu’elle avait aidée dans sa vie spirituelle, voulut que ce message si nouveau et si profond soit partagé, et elle réussit à la faire entrer à l’Université Populaire de Genève où Mâ (que personne n’appelait encore ainsi bien sûr) donna des « conférences », à qui elle avait trouvé le titre de « Foi chrétienne et Spiritualité hindoue », et bien sûr, ce sont des chrétiens qui furent ses premiers auditeurs. Il y eut de plus en plus de monde, et un jour, quelqu’un l’appela Mâ spontanément, et c’est ainsi que nous l’appelions tous… A sa première causerie à Paris, André, le fils de Mère lui apporta un « Blessings » avec des pétales de fleurs et un petit mot de Mère…
Ensuite, elle voyagea entre
De nombreux livres (et même des cassettes audio et vidéo) sont disponibles, dont certains édités à compte d’auteur aux éditions de
Elle disait toujours (à moi entre autres) qu’elle n’était pas un gourou, car le seul Maître est Dieu en nous, et qu’elle avait une fonction de passeur, de trait d’union. Elle nous conduisait si humblement vers l’Unité : « Dieu seul ! », « C’est Dieu qui Est, c’est Dieu qui fait, c’est Dieu qui sait » ; Laisser
De temps en temps, elle parlait de Sri Aurobindo, nous expliquait un de ses poèmes, et faisait allusion à Savitri : je me souviens que j’ai reçu de nombreux « chocs électriques » à ces occasions !
Mâ a quitté son corps en juillet 1996, mais pour beaucoup, elle est toujours présente intérieurement. Pour moi, Sri Aurobindo, Mère et Elle, qui est aussi pour moi une incarnation de
Elle nous disait souvent qu’il fallait garder les pieds sur terre, ne pas laisser le mental s’emballer, laisser les expériences spirituelles à leur juste place, sans les déformer, sans « y toucher », revenir toujours en arrière, sur tous les plans, physique, vital et mental, pour nettoyer, purifier et revivre tout sur le plan d’une Vérité toujours plus haute. Et ceux qui l’écoutaient repartaient avec plus de « Volonté Divine pour la croissance », avaient une vision plus large, une conscience plus grande. Mais comme elle refusait tout prosélytisme, et laissait tous les résultats de son travail au Divin, son enseignement est resté très discret. Si on se réunissait pour l’écouter sur des cassettes, par exemple, elle insistait pour que chacun reste dans le silence ensuite et évite tout bavardage ou discussion personnelle.
Elle nous invitait aussi à « prier sans cesse », nous conseillait le japa, et la lecture de quelques livres, (surtout pas trop de livres, pour ne pas se disperser). Elle nous mettait en garde contre les faux maîtres, contre tout ce qui était « spectaculaire », contre les promesses de « réussite spirituelle et matérielle », car le « résultat, comme la sadhâna, n’appartient qu’à Dieu », et nous conseillait de prendre régulièrement, chaque jour si possible, un moment de calme, de silence intérieur : « la méditation est donnée par Dieu, comme l’extase, rien ne nous appartient ». Et elle nous encourageait à « voir le Divin en toutes choses », car « le monde est Sa démarche dans l’Eternité ».
Si je me permets de parler d’elle, c’est que j’ai vu tant de sites sur tant de faux gurus, tant de faux enseignements, tant d’enseignements mélangés, où une vérité cache le mensonge et l’erreur…Mâ Suryananda Lâkhsmî a laissé ses livres et ses cassettes, pour ceux qui veulent comprendre les Vérités cachées dans les textes chrétiens et hindous, et s’est effacée pour nous laisser avancer dans notre propre recherche de
BIBLIOGRAPHIE :
« Quelques aspects d’une Sâdhana », Ed. Albin- Michel, 1963« Les sentiers de l’âme », poèmes, diffusion Payot, 1974 et 1988« Exégèse spirituelle de
« Foi chrétienne et spiritualité hindoue » L’Apocalypse de Jean, tome 1, 1988
« Foi chrétienne et spiritualité hindoue » Le Yoga des Hymnes Vediques, tome 2, 1989
« Foi chrétienne et spiritualité hindoue », tome 3 ,Le Yoga de la princesse Kunti, 1996
« Une offrande de soi-même »,Recueil, Ed. Terre du Ciel, 1995
Ce fut un grand plaisir de decouvrir ce texte en hommage a cette femme merveilleuse .Merci Ananda
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