L’essence Divine
par Jean-Michel le 18, août , 2008 à 1:26

Jean-Michel

photoEn tant qu'enseignant de yoga Jean-Michel Jutge a reçu différentes formations. Diplômé de l'école provençale de yoga en France et de l'école "The world community service centre" de Kaya Kalpa yoga en Inde, il a également reçu les enseignements du yoga de l'énergie issus de Lucien Ferrer, du hatha yoga de Désikashar, du Kriya yoga de Babaji, du yoga intégral de Sri Aurobindo et d'autres formes de yogas et spiritualités. Son éveil de kundalini en 1979 constitue le point de départ d'une révolution spirituelle qu'il cherche depuis à partager.
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Lorsque l’essence Divine est réalisée, apparait une pulsion fondamentale qui anime tout votre être et vous pousse à vouloir crier “Vous êtes Dieu” qui comprend intrinsèquement la pulsion “Je vous aime”. Au cœur de la conscience est né l’Etre Divin, et celui-ci constitue le centre de l’individualité. Le soi n’est plus vécu alors comme une entité égotique mais comme un foyer d’où émane la présence Divine, sorte de vortex transcendant rayonnant sur la conscience environnante.

Comment décrire une telle chose sans en altérer la nature. Quand bien même les mots adéquats puissent être trouvés, qui peut donc se représenter la chose sans en connaitre la réalité. Et celui-là même vivant celle-ci n’aurait aucun besoin de se la représenter. Mais l’appel de l’Etre s’adressant à l’humanité et criant “Réveillez-vous !” cherche alors mille moyens d’atteindre l’obscurité d’un être humain inachevé et ignorant de sa réalité. La première des actions est donc l’information car celui qui ne se croit que matière ne se donnera jamais la possibilité de se transcender ; à moins que la Grâce ne vienne l’atteindre, ce qui est le propre de l’amour, et assurément celui-ci agit en tout temps et toute circonstance comme un appel permanent du créateur vers sa créature ignorante de ses origines.

“Je vous aime” donc, là est la pulsion fondamentale de notre être, et l’on comprend mieux, vivant cela, sous quelle force est née du Créateur la création elle-même. Car par identité, l’individualité humaine qui est essence Divine en comporte les aspects essentiels. Il n’y a absolument rien à dire de tout cela, seulement à le vivre. Mais c’est là toute la difficulté. Comment vivre une telle chose sachant le gouffre intérieur qui nous sépare de cette réalité. Et l’on pourrait se demander s’il est souhaitable de rentrer en contact avec cette réalité car alors, sortant de notre état d’inconscience, l’échelle des valeurs bascule et assurément, nous devenons atypique, étranger et seul au monde car l’autre reste inaccessible, l’illusion du moi ayant été démasquée ; sauf, sauf … si l’amour naît entre les cœurs. Alors, et alors seulement l’autre est, et “je suis” par l’autre, au-delà du “je suis” par moi-même. Toutefois, cette solitude n’est pas celle de la souffrance, mais celle de celui qui se sait “je”, unique et donc totalement ouvert. Car l’un ne peut naître que par contraste avec l’autre. Dans l’identité totale naît l’amour total.
“Je suis” donc ; mais ce ” je” qui se sait être n’existe pas pour lui-même ; son propre centre reste vide ; ou plutôt, il est rempli de la divinité car fondu et uni au Dieu total, l’un dans l’autre, main dans la main, comme deux amants se reconnaissent mutuellement, et, en vérité, que serait la créature sans son Créateur. Si l’on se retourne alors vers le soi inaccompli, c’est-à-dire, l’aspect de la conscience périphérique, celle héritée de la vie et de la multitude des formes de la conscience issues de la création, alors l’amour devient créativité et œuvre, et se partage dans la forme. C’est alors l’évolution. L’Etre quitte sa béatitude éternelle pour plonger dans la manifestation. La beauté prend forme, servante du bien, elle manifeste alors le germe d’une pulsion nouvelle telle une magnifique fleur au milieu d’un champ de chaos, exhalant un parfum disponible pour chacun. Parfois la fleur fane, d’autres naissent au gré de la circonstance. Mais la pulsion fondamentale demeure et si parfois le champ est vide, dans l’attente d’une nouvelle éclosion, l’Etre au centre demeure inaltérable et prêt à ressurgir et renouveler son action créatrice. Ce qui est vrai pour soi l’est aussi à grande échelle et l’on voit parfois naître dans le monde une action créatrice de grande ampleur, une mutation de l’univers ou de la vie impulsant à l’évolution de nouvelles orientations. Qui peut croire encore qu’il n’y ait pas d’intelligence en œuvre dans l’univers. Croyez-vous que le hasard et le chaos aient pu engendrer une telle merveille ? Pas une chance sur une infinité. Mais vous pouvez ne pas croire à cela, parce que c’est un autre qui vous le dit. Dans ce cas, vérifiez par vous-même.
“Je suis l’amour” mais je suis cela si je découvre ce cœur de moi-même créateur de l’amour. Ainsi si vous n’êtes que haine, alors, le “je” n’est autre que la haine, et la haine est ma nature. Or, précisément, la connaissance de soi n’est autre que la connaissance de cette nature. En cet instant je suis l’amour. Puis-je connaître et découvrir la source et l’origine de cet amour ? En cet instant, je suis la haine. Puis-je connaître et découvrir la source et l’origine de cette haine ? Que suis-je en cet instant ? Et sans mot, sans a priori, je regarde. Que suis-je ? Je ne cherche pas une entité Divine quelconque car le “je” n’est peut-être pas celle-ci, même si l’entité Divine existe quelque part. Voyez-vous ? Le “je” évolue. Il peut être haine, amour, pensée, peur, plaisir, joie, désir, conscience, obscurité, souffrance … Le “je” n’est pas statique, figé. Il peut changer d’instant en instant. Que suis-je en cet instant ? Voir ce que je suis, sans mensonge, avec honnêteté, en y exerçant toute mon attention, est me découvrir. Je peux être vide, je peux être plein, qu’importe, je prends contact avec cette réalité en y exerçant toute ma sensibilité, sans obstination, pour mes loisirs ou avec sérieux, mais je prends contact. Et chaque fois que je verrai, alors je me rapprocherai un peu plus de moi-même et de ce cœur Divin et Absolu, qui est la part de Dieu dans l’homme.
“Vous êtes Dieu” ai-je envie de crier à l’humanité, de souffler dans l’oreille de l’homme. Mais crier ou souffler servirait-il à quelque chose si chacun ne partait pas à la conquête de lui-même qui est la conquête du monde et de l’univers.

Jean-Michel Jutge (Copyright 1999 - 2007)

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