De l’Amour Humain à l’Amour Divin
par Varuna le 25, février , 2008 à 3:05

Varuna

photoQu'est ce qui m'amène ici ?: Sadhana et besoin de me lier, quelque soit la forme et les "phases" aux rares individus qui ont vraiment "reconnu" Sri Aurobindo et Mère ( et Satprem...).
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“De l’Amour Humain à l’Amour Divin”, de Râm (Robert) Linssen, Extraits.

Lorsque nous parlons ici de l’amour humain nous évoquons bien entendu le climat psychologique dans lequel se situe la grande norme de l’époque actuelle: amour possessif, possession physique, possession psychologique avec le cortège de plaisirs et de souffrances qui en résultent, voluptés, jalousies, attachements, etc.

Quant à définir ce que nous entendons par «Amour Divin», rien n’est plus ingrat. Les Sages l’enseignent par le silence.Nous pourrons plus facilement dire ce que l’amour divin n’est pas.

Par «amour divin» nous ne voulons en aucun cas désigner l’élan dévotionnel qu’éprouverait le fidèle des religions anthropomorphiques, fixant son esprit sur le symbole d’un «Dieu» extérieur, fait à l’image de l’homme, punissant les uns, récompensant les autres … Ces élans affectifs de dévotion pure doivent être considérés parmi les manifestations les plus élevées de l’amour humain personnel, mais pour le Sage, ces expériences se situent toujours dans la dualité «sujet-objet», «adorateur-objet de son culte». L’amour divin n’est réalisé que lorsque toute dualité se trouve abolie.

Il s’agit d’un état d’intégration, au cours duquel l’adorateur se délivre des limites psychologiques de sa conscience personnelle. Les Sages et mystiques d’Orient attirent spécialement notre attention sur le danger inhérent aux processus de dévotion dualistes. Dans la mesure de leur ferveur les adorateurs d’un symbole finissent par matérialiser à leurs yeux l’objet de leur culte.

Beaucoup préféreraient se faire brûler vifs que de reconnaître leur erreur. Les Sages nous enseignent que nos représentations mentales du divin n’ont aucune commune mesure avec le Divin Lui-même. La plupart des mystiques d’Occident ne tiennent pas compte de cette importante distinction. Ils sont ainsi les témoins éblouis de leurs propres projections mentales et vivent des années en victimes inconscientes d’une auto-hypnose.

Les discussions avec Ram ne manquaient pas d’humour. Il avait tendance parfois à exagérer, sans malice, les détails d’une anecdote et ainsi amusait toutes les personnes présentes . Parfois il avait tendance à s’opposer avec exagération à un acte ou à une idée. Ce dernier cas lui valut d’être attaqué par des personnes qui, je crois, ne le connaissaient que superficiellement. J’ ai été témoin de plusieurs épisodes. J’ai souvent questionné Ram sur ce côté exagérateur en lui, « mais ça m’amuse » me répondit il. Ce qui m’émerveillait en Ram était sa disponibilité à rencontrer, sans problème ni rancune, ses plus âpres détracteurs. Mais je ne crois pas que ses détracteurs le comprenaient ainsi.

Un autre côté très instructif pour nous était sa capacité, même à 90 ans, à se corriger – du moins tel que je l’ai vu, et sans jamais être en conflit – par rapport à toute remarque que nous lui faisions sur sa façon de vivre et de penser le quotidien. Il nous répétait « I am still learning ».Râm Linssen a écrit:
Le cœur de l’homme «intégré» accorde le rayonnement de son amour d’une égale façon à ses amis ainsi qu’à ceux qui se disent ses ennemis. Dans une comparaison pleine de poésie, Krishnamurti compare l’attitude d’un tel homme à celle des fleurs accordant la plénitude de leur parfum également à ceux qui les vénèrent comme à ceux qui les écrasent.

L’amour véritable ne doit plus être une «réaction» personnelle.Libéré des limitations de l’égoïsme il devient une force de vie créatrice émanant spontanément du plus profond de nous-même et embellissant toutes les choses sur lesquelles tombent ses rayons.

Le détachement affectueux n’est donc pas de l’indifférence. Ce n’est que dans cette suprême liberté que l’amour nous révèle la plénitude de son charme divin. De ce charme divin émane une magie capable de nous transfigurer dans une merveil1euse recréation de nous-même dont les échos lointains semblent atteindre l’ultime profondeur des choses et des êtres de l’Univers entier.

II faut avoir l’intelligence et l’audace de briser les liens de l’attachement pour se laisser porter à l’ultime pointe de l’aile du pur amour. Chacun peut avec ce guide étrange, entreprendre un voyage fantastique aux imprévisibles étapes le menant aux profondeurs insondables de l’être dont les rythmes fulgurants forment la substance d’un Eternel Présent.

La totale soumission à la loi d’amour porte l’humain vers son plus haut accomplissement.Dans un sentiment indicible de liberté il se surprendra à réaliser en toute simplicité ce qu’il pensait précédemment être un miracle : aimer en étant libre de l’objet de son amour.Pour un tel être, il n’y a plus d’opposition entre l’amour humain et l’amour divin. Chaque instant est vécu dans l’émerveillement sans borne d’une compréhension nouvelle des êtres et des choses qu’illumine une vision d’unité prestigieuse.Un tel état d’amour, libéré de ses points d’attaches, affranchi des limites égoïstes du «moi» constitue le plus haut état de sagesse que l’homme puisse réaliser.Il embrasse l’Univers entier dans son élan. Nous dirons mieux: Il EST l’Univers entier.

Il l’EST par un acte qui n’est pas seulement un acte de communion mais un acte d’intégration.Il EST l’Univers entier, non en tant que manifestation extérieure de son «moi» apparent, ce qui serait absurde, mais il l’EST par son essence qui est l’essence de tous les êtres, de toutes les choses.Par cet état d’intégration, l’homme «EST» la réalité de l’Univers extérieur et intérieur, visible et invisible qui désormais ne sera plus conçue comme distincte de lui. Un tel homme n’agit plus, ne pense plus, n’aime plus «en-tant-que-distinct».L’homme intégré ne dit plus «Je t’aime» ou «J’aime».

Il dira «Je suis Amour» ou plus exactement l’Amour ESTCitation: Ainsi le monde devient sacré. Il est désormais inutile de se retirer dans une église pour trouver Dieu et le servir, nous le voyons sur le visage de nos semblables, et nous entendons sa musique dans les voix de la nature. Notre vie quotidienne est devenue la cathédrale où nous adorons l’Eternel, et les actes de notre existence humaine sont devenus le cérémonial avec lequel nous adorons la Réalité qui se manifeste en eux .

J. J. Van der Leeuw.(La Conquête de 1′Il1usion, p. 201)

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