La physiologie des chakras et des nadis
par Jean-Michel le 16, mai , 2008 à 6:23

Jean-Michel

photoEn tant qu'enseignant de yoga Jean-Michel Jutge a reçu différentes formations. Diplômé de l'école provençale de yoga en France et de l'école "The world community service centre" de Kaya Kalpa yoga en Inde, il a également reçu les enseignements du yoga de l'énergie issus de Lucien Ferrer, du hatha yoga de Désikashar, du Kriya yoga de Babaji, du yoga intégral de Sri Aurobindo et d'autres formes de yogas et spiritualités. Son éveil de kundalini en 1979 constitue le point de départ d'une révolution spirituelle qu'il cherche depuis à partager.
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Dans les articles précédemment consacrés à la kundalini, nous avons parlé des différents processus et types d’énergies pouvant emprunter ce mode de développement. La physiologie subtile qui est rattachée à ces processus peut elle aussi présenter diverses variantes selon la qualité ou la force de l’énergie en présence. Mais toujours elle empruntera ce que la tradition indienne appelle les nadis et les chakras, constante qui différencie les processus de développement de la kundalini par rapport aux autres développements. Pour ne prendre qu’un exemple, les méridiens décrits par la médecine chinoise sont autre chose, et régissent les différentes formes de développement du chi.

Il convient de différencier le système en lui-même, qui est ici le système des nadis et des chakras, de l’énergie qui emprunte ce système. Selon le type d’énergie utilisée, le vécu et la forme de développement intérieur d’une part ne seront pas les mêmes, et la perception que nous aurons du système lui-même d’autre part marquera aussi des variantes. Nous trouvons de par ce fait, et pour le peu qu’elles soient authentiques, différentes descriptions des chakras, émanant de différents auteurs. La représentation classique que nous trouvons dans beaucoup d’ouvrages, avec les divinités hindouistes, les sons rattachés aux lettres sanscrites etc. n’est pas seulement une représentation culturelle mais manifeste aussi un mode de développement réel, celui rattaché aux dieux de l’hindouisme et aux forces qu’ils manifestent. Malgré tout, Il existe un mode de développement rattaché à l’être humain lui-même, indépendamment de toute culture ou toute attache à des mondes non humain, et permettant la prise de conscience de l’essence Divine qui nous est propre. Notre description s’attachera plus à ce mode de développement là, même si le système en lui-même présente selon les formes de kundalini des constances et un rôle bien défini qui ne pourra échapper à un expérimentateur aguerri. Nous laisserons également de côté toutes les visions philosophiques, analogiques, ésotériques ou symboliques que l’on veut parfois rattacher à cette physiologie subtile, pour ne voir que son aspect concret, aussi concret que peut-être la physiologie du corps physique lui-même, si l’on développe la sensibilité adéquate.

Comprenons d’abord ce qu’est le rôle de ce système. L’axe du système en lui-même est l’axe de la Sushumna, qui est en fait un conduit (nadi) composé de trois circuits gainés les uns dans les autres. Cet axe se superpose au canal de l’épendyme, canal physiologique du corps humain à l’intérieur de la moelle épinière, et se poursuit vers le bas jusqu’à l’intérieur du sacrum, et vers le haut jusqu’à trois centimètres au-dessus de la tête, en passant par le centre puis le sommet du crâne juste un peu en arrière de la fontanelle. Parmi les trois circuits il en est un qui s’arrête au centre du crâne, au niveau de l’épiphyse en relation directe avec le centre de la conscience qui constitue habituellement l’ego (ahamkara) et est relié directement au sixième chakra (Ajna). De la Sushumna, c’est le seul circuit qui fonctionne naturellement, l’énergie remontant du sacrum sous la forme du désir jusqu’à la psyché, c’est-à-dire la pensée consciente. Des deux autres circuits l’un, ascendant joue le rôle de conducteur de la kundalini, l’autre, descendant reçoit les forces divines et absolues pouvant s’exprimer à travers le septième chakra. (Sahasrara). Vient se rajouter à ces trois circuits principaux, deux autres, appelés Ida et Pingala, partant du sixième chakra (Ajna) sur le front, vers les tempes, derrière les oreilles, puis descendant dans le corps le long de la nuque et de chaque côté de la colonne vertébrale, pour se rejoindre à la base de la Sushumna dans le sacrum. Je n’ai personnellement jamais observé chez quiconque de descente en hélice telle que représentée sur certaines gravures, sauf dans un cas particulier de Samadhi où l’énergie est tendue à l’extrême et vrille ces circuits. La polarité Ida et Pingala manifeste la polarité psychique de l’esprit, celle du moi qui oscille en permanence dans la dualité solaire et lunaire. L’équilibre de la pensée ne peut jamais être atteint de manière durable car il est un équilibre instable tendant toujours à basculer d’un côté ou de l’autre. La pensée s’exprime à travers ces nadis en projetant l’impulsion du désir, le reliant directement à toute la conscience et l’autorité de l’individu. Ainsi, le rôle de ces nadis est de relier directement la conscience psychique à la sphère vitale la plus basse, afin d’exprimer dans le corps le pouvoir et la volonté du moi de manière directe. On voit par cela que la relation désir/conscience s’exprime en un circuit fermé, de la conscience vers le désir par Ida et Pingala et du désir vers la conscience par l’un des trois circuits de la Sushumna que j’ai décrit plus haut. Ce mouvement conditionne à lui tout seul le mode de fonctionnement habituel de l’individu.

Le long de la Sushumna, et projeté par elle, se trouve le système des chakras dont les sept connus ne sont que les principaux. En effet, d’autres centres existent, soit sous la dépendance des chakras principaux, soit se développant ultérieurement au-delà du septième chakra lorsque l’individu grandit dans les sphères spirituelles. Notons simplement l’existence d’un chakra dans la paume des mains, sous la dépendance du quatrième chakra (Anahata) et sous la plante des pieds, sous la dépendance du premier chakra (Muladhara). Un chakra constitue en lui-même une porte, une interface, pour utiliser un terme moderne. Il relie un aspect de la vie intérieure avec l’aspect extérieure lui correspondant, cet extérieur pouvant aussi faire partie de mondes subtils. L’individu se trouvant constamment projeté en avant par les désirs et le développement du moi (directement du 6e vers le 1er chakra par l’intermédiaire de Ida et Pingala) donne ainsi la primauté au premier chakra, celui qu’il suscite en premier, puis le second etc. . Pour exemple, lorsque l’on sait que le premier chakra conditionne notre rapport à l’argent et les biens matériels, le lot commun sera de donner une priorité à cet aspect de la vie, avant, par exemple, la recherche du bien être sensuel régit par le deuxième chakra (Swadistana). Nous ne nous attarderons pas ici sur la description visuelle des chakras, qui présente un intérêt surtout pour celui développant une sensibilité à leur propos, mais plus sur leur rôle et relation avec la vie et notre vie intérieure. Il faut toutefois savoir que chacun des chakras présente un nœud en son point de liaison sur la Sushumna, noeud composé de cristallisations énergétiques et psychiques plus ou moins importantes, empêchant une bonne circulation de l’énergie dans le chakra lui-même mais également une bonne relation des chakras entre eux. L’état de sclérose et d’encombrement des chakras explique l’insensibilité qui les caractérise, et la difficulté de développement de chacun d’entre eux.

Un chakra peut présenter différents états :

- Il peut être ouvert ou fermé, voir retourné, comme une fleur qui épanouit ses pétales ou les rétracte. Cet état peut varier dans le temps en fonction de notre état intérieur. Un chakra retourné dénote un traumatisme important dans le domaine de la vie correspondant, ou une maladie.

- Il peut être peu ou fort développé. Le développement est progressif tout au long de la vie. Il intervient parce que nous donnons de l’énergie ou agissons dans le domaine de la vie correspondant au domaine de gestion du chakra. Lorsque l’exploration de ce domaine est complète, ce développement atteint un état de réalisation créant un éclatement du chakra mettant fin à toute séparation intérieure/extérieure dans le domaine de la vie correspondant au chakra. Il existe différentes formes de yoga adaptées à la réalisation de chacun des chakras. Le karma yoga par exemple ou l’œuvre désintéressée développe le troisième chakra (Manipura) jusqu’à la réalisation de la joie intérieure et l’extinction de la peur, deux formes d’expression de l’énergie passant par ce chakra.

- Il peut être vide ou plein d’énergie. Selon l’état d’ouverture ou de fermeture les conséquences en sont différentes. Un chakra ouvert mais vide d’énergie devient hypersensible et vulnérable. Un chakra plein d’énergie mais fermé, empêchera sa libre circulation créant à long terme un état de cristallisation de l’énergie pouvant entraîner des maladies. Ainsi, la colère par exemple, est un état de cristallisation de l’énergie dans le troisième chakra, expulsé violemment. De même l’on constate dans tous les cas de cancers un état de fermeture du troisième chakra, souvent retourné, présentant un trop plein d’énergie cristallisée depuis un long terme. On pourrait multiplier les exemples. Déterminer les liens entre l’état des chakras et certaines maladies est fort intéressant et permettrait peut être de les guérir par une intervention adéquate. Mais tout ceci reste à expérimenter.

- Il peut être encombré ou purifié. Toutes sortes de choses peuvent venir polluer un chakra, générées par notre mental, notre mode de vie, ou venant de l’extérieur. Ces encombrements ne font qu’amplifier la mauvaise circulation de l’énergie dans les chakras, et leur insensibilité.

Le système des chakras est relié au corps physique par le système hormonal et la plupart des plexus nerveux. Partant de ces chakras, sur le pourtour de leur ouverture représenté par les ” pétales “, mais aussi en leur point d’enracinement sur la Sushumna, se trouvent une multitude de conduits subtils, les nadis. Le rayonnement énergétique de ce système peut être perçu chez un individu à travers l’aura.

Des sept centres en partant du bas vers le haut, on distingue le premier appelé Muladhara situé au niveau du plancher pelvien et tourné vers le bas, le deuxième Svadisthana entre le nombril et le sexe et tourné vers l’avant, le troisième Manipura entre le nombril et l’appendice xiphoïde, le quatrième Anahata au milieu de la poitrine, le cinquième Vishuddha sur le cou, le sixième Ajna au milieu du front, le septième Sahasrara à la surface du crâne et tourné vers le haut. Chacun de ces chakras a un rôle et une fonction bien précis et émet plusieurs qualités d’énergie, ayant chacune un rôle et une fonction bien précis. Selon son état d’énergie et de bon fonctionnement, l’ouverture antérieure d’un chakra peut présenter un diamètre plus ou moins important en proportion d’ailleurs à son degré de projection en avant depuis le Sushumna.

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