Foi et Shakti
par Supramental Dot Com le 26, juillet , 2007 à 22:29
Supramental Dot Com
Le site Web à été mis en place en 1996, nous étions au tout début de la découverte de l'Internet. Nous voulions apprendre le langage HTML pour publier sur le Web afin de faire connaître l'Agenda de Mère et le yoga Intégral de Sri Aurobindo.
Nous n'appartenons à aucune secte, nous sommes simplement en quête de Vérité.Voir plus d'article de Supramental Dot Com , ou voir son siteWeb
Cette shraddhâ (le mot anglais “faith”, ou “foi” est inadéquat pour l’exprimer) est en fait une influence venue de l’Esprit suprême et de sa lumière, un message de notre être supramental qui appelle la nature inférieure à sortir de son petit état actuel et à s’élever à un vaste devenir, un dépassement de soi. Or, ce qui reçoit l’influence et répond à l’appel, n’est pas tant l’intellect, le coeur ni le mental-vital, que l’âme intérieure qui voit avec plus de clairvoyance la vérité de sa propre destinée et de sa mission. Les circonstances qui déterminent notre première entrée sur le chemin ne sont pas l’indice véritable de l’être qui oeuvre en nous. À ce stade, l’intellect, le coeur ou les désirs du mental-vital peuvent jouer un rôle prépondérant, ou même les accidents fortuits et les stimulants extérieurs ; mais s’il n’y a pas autre chose, nous ne pouvons guère être sûrs de notre fidélité à l’appel ni de notre persévérance endurante dans le yoga. L’intellect peut abandonner l’idée qui l’avait séduit, le coeur se fatiguer ou nous manquer, le désir du mental-vital se tourner vers d’autres objets. Mais les circonstances extérieures ne sont qu’une couverture des opérations véritables de l’esprit et si c’est l’esprit qui a été touché, si c’est l’âme intérieure qui a reçu l’appel, la shraddhâ restera ferme et résistera à toutes les tentatives qui voudraient l’abattre ou la détruire. Non pas que les doutes de l’intellect ne viendront pas à l’assaut, que le coeur ne vacillera pas, que le désir du mental-vital, désappointé, ne retombera pas épuisé au bord du chemin. Tout cela est presque inévitable parfois - souvent peut-être, surtout pour nous, fils d’un âge d’intellectualité, de scepticisme et de négation matérialiste de la vérité spirituelle, un âge qui n’a pas encore secoué les nuages qu’il a peints sur la face du soleil d’une réalité plus vaste et qui résiste encore à la lumière de l’intuition spirituelle et de l’expérience profonde. Très probablement, ces obscurcissements pénibles seront nombreux ; les Rishis védiques eux-mêmes, si souvent, se sont plaints de ces “longs exils de la lumière” ; et ces obscurcissements peuvent être si épais, la nuit de l’âme si noire, que la foi peut sembler nous avoir totalement quittés. Mais tout du long, l’esprit au-dedans garde son emprise invisible, et l’âme reviendra avec une force nouvelle à sa certitude qui était seulement éclipsée mais non éteinte, car, éteinte, elle ne peut l’être une fois que le moi intérieur a connu cela et pris sa résolution - samkalpa, vjavasâya. Tout du long, le Divin tient notre main, et s’il semble nous laisser chuter, c’est seulement pour nous soulever plus haut. L’expérience de ces retours sauveurs, nous l’aurons si souvent que les démentis du doute deviendront finalement impossibles et, une fois le fondement d’égalité solidement établi ou, plus encore, quand le soleil de la gnose se sera levé, même le doute disparaîtra, parce que sa cause et son utilité auront cessé.
En outre, ce n’est pas seulement la foi en les principes fondamentaux, dans les idées et la voie du yoga, qui est nécessaire, mais, jour après jour, une foi pratique en notre propre pouvoir de réalisation, en les pas que nous avons accomplis sur le chemin, en les expériences spirituelles qui viennent à nous, en les intuitions, les mouvements qui guident la volonté et l’impulsion, en les intensités émues du coeur et les aspirations, en les accomplissements de la vie qui viennent aider, entourer et marquer les étapes de l’élargissement de la nature, stimuler ou jalonner les degrés de l’évolution de l’âme. Aussi, il faut toujours se souvenir que nous partons de l’imperfection et de l’ignorance, et que nous sommes en route vers la lumière et la perfection ; par conséquent, la foi en nous doit être libre de tout attachement aux formes de notre effort et aux étapes successives de notre réalisation. Non seulement il y aura bien des choses en nous qui seront fortement soulevées afin d’être extirpées et rejetées, une bataille des pouvoirs de l’ignorance et de la nature inférieure contre les pouvoirs supérieurs qui doivent les remplacer, mais il y aura aussi des expériences, des états de pensée et de sentiment, des formes de réalisation - utiles et acceptables en cours de route, et qui peuvent nous apparaître, sur le moment, comme des sommets spirituels -, mais qui, plus tard, nous nous en apercevrons, sont des étapes de transition à dépasser ; alors la foi pratique qui les avait soutenus doit être retirée en faveur de formes plus larges, ou de réalisations et d’expériences plus pleines, plus vastes, qui prendront leur place ou en lesquelles ils seront intégrés et complétés dans une transformation enrichissante. Pour le chercheur du yoga intégral, il ne peut pas y avoir d’attachement aux lieux de repos en route ni aux demeures à mi-chemin ; il ne peut pas être satisfait tant qu’il n’aura pas établi totalement les grandes bases durables de sa perfection et débouché sur les infinitudes larges et libres - et même alors, il doit constamment se remplir d’expériences nouvelles de l’Infini. Son progrès est une ascension de niveau en niveau et chaque hauteur nouvelle s’ouvre sur d’autres perspectives, d’autres révélations de tout ce qui reste encore à accomplir, bhoûri kartwam, jusqu’au jour où la Shakti divine, enfin, prendra en main toute notre entreprise et le chercheur n’aura plus, alors, qu’à adhérer et à participer joyeusement à Ses oeuvres lumineuses dans une union consentante.
Ce qui le soutiendra tout au long de ces changements, ces luttes, ces transformations - qui autrement peuvent être décourageantes, déconcertantes, car l’intellect, la vie et les émotions veulent toujours s’emparer trop vite du but, se fixer à des certitudes prématurées, et se laissent volontiers aller à l’affliction ou au rechignement quand ils sont forcés d’abandonner ce sur quoi ils se reposaient -, c’est une foi solide en la Shakti qui travaille et une confiance en la direction du Maître du Yoga dont la sagesse n’est pas pressée et dont chaque pas, en dépit de toutes les perplexités du mental, est assuré, juste, ferme, parce que chacun se fonde sur une parfaite compréhension des transactions avec les nécessités de notre nature.
Le progrès du yoga est semblable à un lent cheminement qui part de l’ignorance mentale et passe par des formations imparfaites pour aboutir à un fondement de connaissance parfait et à une connaissance grandissante ; dans ses parties plus positivement satisfaisantes, c’est un mouvement qui va d’une lumière à une autre lumière plus vaste, et il ne peut cesser jusqu’à ce que nous arrivions à la suprême lumière de la connaissance supramentale. Les mouvements du progrès mental sont nécessairement mélangés à une proportion d’erreur plus ou moins grande, mais nous ne devons pas permettre à notre foi d’être déconcertée par la découverte de ces erreurs, ni imaginer que notre foi première en l’âme n’est plus valable sous prétexte que les croyances intellectuelles qui nous avaient aidés étaient trop hâtives et trop tranchantes. L’intellect humain a trop peur de l’erreur, justement parce qu’il est trop attaché à un sentiment prématuré de certitude et que son ardeur est trop empressée d’arriver au sommet absolu de ce qu’il croyait avoir saisi de la connaissance. Plus notre expérience de nous-même grandit, plus nous nous apercevons que même nos erreurs étaient des mouvements nécessaires ; qu’elles apportaient avec elles et déposaient leur sédiment de vérité ou leur suggestion de vérité, et qu’elles avaient aidé à la découverte ou prêté leur appui à un effort nécessaire, et que les certitudes qu’il nous faut abandonner maintenant avaient tout de même leur validité temporaire dans le progrès de notre connaissance. L’intellect ne peut pas être un guide suffisant dans la recherche de la vérité et de la réalisation spirituelles, et, pourtant, il doit être utilisé dans le mouvement intégral de notre nature. Par conséquent, même si nous devons rejeter les doutes paralysants ou le scepticisme purement intellectuel, l’intelligence chercheuse doit néanmoins s’entraîner à une large remise en question, à une rectitude intellectuelle qui ne se satisfait point des demi-vérités, des mélanges d’erreurs ou d’approximations et, surtout, plus positivement et plus utilement, elle doit être toujours prête à aller de l’avant et à passer des vérités déjà acquises ou acceptées à des vérités rectificatives plus vastes, plus complètes, plus transcendantes, que tout d’abord elle avait été incapable d’accepter, ou peut-être même peu encline à envisager. Une foi pratique de l’intellect est indispensable - non pas une croyance superstitieuse, dogmatique, limitative, qui s’accroche à chaque support et à chaque formule temporaires, mais un large assentiment aux suggestions successives et aux étapes progressives de la Shakti : une foi fixée sur les réalités et qui s’avance des réalités moindres vers des réalités plus complètes, prête à jeter bas tous les échafaudages pour retenir seulement la vaste structure qui grandit.
Il n'y a pas encore eu de réaction à cet article. Utilisez le formulaire en bas de page pour réagir.
Réagir
- Rester dans le cadre de la dépêche. Pour des discussions plus générales, vous pouvez utiliser nos forums.
- Développer son argumentation. Les messages dont le seul but est de mettre de l'huile sur le feu seront modifiés ou effacés sans préavis par la rédaction.
- Respecter les auteurs, contributeur et les lecteurs. Les messages agressifs, vulgaires, haineux, etc. seront modifiés ou effacés sans préavis par la rédaction.
- Pour toute remarque concernant le contenu de l'article, pour nous signaler une erreur, une omission, merci de nous contacter exclusivement par Email.
- Relisez-vous, et pour les utilisateurs de Safari profitez de l'aide du navigateur : activez le menu édition > Orthographe > Vérifier l'orthographe lors de la frappe.
Bienvenue ! Pour réagir, vous devez d'abord vous connecter.
L'identifiant et le mot de passe sont partagés avec nos forums
Si vous n'avez pas encore de compte sur les forums, allez tout de suite vous inscrire.
C'est rapide et gratuit ! Vous pourrez ensuite réagir immédiatement aux actualités.
En cas de problème, utilisez notre formulaire de contact.