Le Mystère de l’Amour
par Supramental Dot Com le 18, avril , 2008 à 4:00

Supramental Dot Com

photoLe site Web à été mis en place en 1996, nous étions au tout début de la découverte de l'Internet. Nous voulions apprendre le langage HTML pour publier sur le Web afin de faire connaître l'Agenda de Mère et le yoga Intégral de Sri Aurobindo. Nous n'appartenons à aucune secte, nous sommes simplement en quête de Vérité.
Voir plus d'article de Supramental Dot Com , ou voir son siteWeb

Selon l’interprétation courante, l’adoration du Divin impersonnel ne relèverait pas strictement d’un yoga de la dévotion, car les formes habituelles du yoga supposent que l’Impersonnel ne peut être recherché que pour une unité complète où Dieu et notre propre individualité disparaissent, et il ne reste plus personne pour adorer ni personne pour être adoré; il ne reste que la félicité de l’expérience de l’unité et de l’infinitude.

Mais, en vérité, les miracles de la conscience spirituelle ne peuvent pas s’enfermer dans une logique si rigide. Quand nous commençons à sentir la présence de l’infini, c’est la personnalité finie en nous qui est touchée et, par conséquent, elle peut fort bien répondre au contact et à l’appel par une sorte d’adoration. Ensuite, nous pouvons considérer l’Infini, non pas tant comme un état spirituel d’unité et de béatitude, et cet état seulement comme le moule et l’atmosphère d’être de cet Infini, mais, au contraire, comme la présence de l’ineffable Divinité pour notre conscience, et là aussi l’amour et l’adoration ont leur place. Et même quand notre personnalité semble disparaître en son unité, c’est peut-être bien - et c’est en fait - le Divin individuel qui se fond en le Divin universel et suprême par une union où l’amour, l’amant et l’aimé s’oublient en la fusion d’une expérience d’extase, mais sont toujours là, cependant, latents et subconsciemment persistants en cette unité.

Toute union du moi par amour est nécessairement de cette sorte. Nous pouvons même dire, en un sens, que c’est pour avoir la joie de cette union, cet ultime couronnement de toute la diversité des expériences de la relation spirituelle entre l’âme individuelle et Dieu, que l’Un est devenu la multitude dans l’univers.

Néanmoins, l’expérience vraiment intime de l’amour divin dans toute sa diversité ne peut pas s’obtenir par la seule poursuite de l’Infini impersonnel; pour cela, la Divinité que nous adorons doit devenir proche et personnelle. L’Impersonnel peut fort bien révéler au sein de lui-même toutes les richesses de la personnalité si nous allons jusqu’à son coeur, et celui qui cherchait seulement à pénétrer ou à embrasser la Présence infinie peut découvrir en elle des choses qu’il ne soupçonnait pas; l’être du Divin a pour nous des surprises qui déconcertent les idées de l’intellect limitateur.

Mais, généralement, la voie de la dévotion commence par l’autre bout : elle part de l’adoration de la Personnalité divine, puis s’élève et s’élargit jusqu’à son but. Le Divin est un Être et non une existence abstraite ni un état de pure infinitude hors du temps; l’existence originelle et universelle est Lui, mais cette existence est inséparable de la conscience et de la béatitude d’être, et une existence consciente de son être et de sa béatitude est certes ce que nous pouvons bien appeler une Personne divine infinie : Pourousha.

En outre, toute conscience implique un pouvoir: Shakti; s’il y a conscience d’être infinie, il y a pouvoir d’être infini et, par ce pouvoir, tout existe en l’univers. Tous les êtres existent par cet Être; toutes les choses sont les faces de Dieu; toute pensée, toute action, tout sentiment et tout amour proviennent de lui et retournent à lui; tous leurs résultats ont lui pour source, pour support et pour but secret. C’est vers cette Divinité ou cet Être que coulera et s’élèvera la bhakti du yoga intégral. Transcendant, elle le cherchera en l’extase d’une union absolue; universel, elle le cherchera en l’infini d’attributs et sous chaque aspect, dans tous les êtres, avec une félicité et un amour universels; individuel, c’est avec lui qu’elle nouera toutes les relations humaines que l’amour crée entre une personne et une autre.

Il n’est pas toujours possible de saisir dès le début la complète intégralité de ce que cherche le coeur; en fait, ce n’est possible que si l’intelligence, le tempérament, le mental émotif, se sont déjà développés en largeur et en finesse par l’orientation de notre existence précédente. C’est à cela que doit mener l’expérience de la vie normale par sa culture toujours plus large de l’intellect et du mental esthétique et émotif, et aussi de nos facultés de volonté et d’expérience active.

Elle élargit et raffine l’être normal afin qu’il puisse s’ouvrir sans difficulté à l’entière vérité de Cela qui nous préparait à devenir un temple de sa manifestation. D’ordinaire, les diverses facultés de l’homme sont limitées et, au début, nous ne pouvons saisir de la vérité divine que ce qui correspond plus ou moins à notre nature, à son développement passé et à ses associations antérieures. C’est pourquoi, tout d’abord, Dieu vient à notre rencontre sous diverses appellations limitées de ses attributs et de sa nature divine; il se présente au chercheur comme l’absolu des qualités que celui-ci peut comprendre et auxquelles sa volonté et son coeur peuvent répondre; il révèle un nom et un aspect de sa Divinité. C’est ce que l’on appelle I’ishta-dévatâ dans le yoga, c’est-à-dire le nom et la forme que notre nature choisit d’adorer.

Pour que l’être humain puisse embrasser la Divinité dans toutes les parties de lui-même, elle se présente sous une forme qui répond à certains de ses aspects et attributs, et qui, pour l’adorateur, devient le corps vivant de Dieu. Telles sont les formes de Vishnou, Shiva, Krishna, Kâli, Dourgâ, Christ, Bouddha, dont le mental humain se saisit pour adorer. Même le monothéiste qui adore un Dieu sans forme lui donne, cependant, la forme de quelque attribut, une forme mentale ou une forme de la Nature sous laquelle il le conçoit et s’en approche. Mais si l’on est capable de voir une forme vivante, un “corps mental” du Divin, pourrait-on dire, cela donne à l’approche une douceur et une intimité plus grandes.

La voie d’un yoga intégral de la bhakti consistera à universaliser cette conception du Divin, à le personnifier intimement par une relation variée qui embrassera tout, à le rendre constamment présent pour tout l’être et à lui consacrer, lui abandonner, lui soumettre notre être tout entier afin qu’il demeure près de nous et en nous, et que nous soyons avec lui et en lui.

Manana et darshana, penser à lui constamment et en toutes choses, et le voir toujours et partout, sont indispensables à une voie intégrale de la dévotion. Quand nous regardons les choses de la Nature physique, nous devons voir en elles l’objet divin de notre amour; quand nous regardons les hommes et les êtres, c’est lui que nous devons voir en eux et dans nos relations avec eux - nous devons voir que nous entrons en relation avec des formes de lui; quand nous passons au-delà des limites du monde matériel et connaissons les êtres des autres plans ou avons des relations avec eux, c’est encore cette même pensée et cette même vision qui doivent devenir réelles pour notre mental.

Au lieu de son habitude normale de s’ouvrir à la seule forme matérielle apparente et aux seules relations ordinaires tronquées sans rien connaître du Divin caché à l’intérieur, notre mental doit se plier à cette compréhension plus ample, plus profonde, et à cette relation plus grande par une incessante habitude de félicité et d’amour qui embrassent tout. En toutes les divinités, nous devons voir le Dieu unique que nous adorons dans notre coeur et dans tout notre être, car ce sont des formes de sa divinité. En élargissant ainsi notre étreinte spirituelle, nous arrivons au point où tout est Lui, et la félicité de cette conscience devient notre façon normale et ininterrompue de regarder le monde. Cela nous apporte l’universalité extérieure ou objective de notre union avec lui.

Pages: 1 2

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (4 votes, average: 5 out of 5)
Loading ... Loading ...
Liens en relation
L’amour et le Yoga Divin - 1
De l’Amour Humain à l’Amour Divin
L’Amour et le Yoga Divin - 2
Extrait de Satprem
L’amitié entre une femme et un homme
Vos réactions (Aucune réaction) »
attention Il n'y a pas encore eu de réaction à cet article. Utilisez le formulaire en bas de page pour réagir.

Réagir

Cinq consignes avant de réagir :
  1. Rester dans le cadre de la dépêche. Pour des discussions plus générales, vous pouvez utiliser nos forums.
  2. Développer son argumentation. Les messages dont le seul but est de mettre de l'huile sur le feu seront modifiés ou effacés sans préavis par la rédaction.
  3. Respecter les auteurs, contributeur et les lecteurs. Les messages agressifs, vulgaires, haineux, etc. seront modifiés ou effacés sans préavis par la rédaction.
  4. Pour toute remarque concernant le contenu de l'article, pour nous signaler une erreur, une omission, merci de nous contacter exclusivement par Email.
  5. Relisez-vous, et pour les utilisateurs de Safari profitez de l'aide du navigateur : activez le menu édition > Orthographe > Vérifier l'orthographe lors de la frappe.

Bienvenue ! Pour réagir, vous devez d'abord vous connecter.
L'identifiant et le mot de passe sont partagés avec nos forums

Si vous n'avez pas encore de compte sur les forums, allez tout de suite vous inscrire.
C'est rapide et gratuit ! Vous pourrez ensuite réagir immédiatement aux actualités.
En cas de problème, utilisez notre formulaire de contact.