Ce yoga n’implique pas seulement la réalisation de Dieu
par Supramental Dot Com le 27, août , 2007 à 20:09
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Si le Supramental ne devait pas nous donner une vérité plus grande et plus complète qu’aucune de celles des plans inférieurs, cela ne vaudrait pas la peine de chercher à l’atteindre. Chaque plan possède ses propres vérités. Quelques-unes cessent d’être vraies sur un plan plus élevé ; le désir et l’ego, par exemple, sont des vérités de l’Ignorance mentale, vitale et physique ; à ce niveau, un homme sans ego ni désir serait un automate tâmasique. Lorsque nous montons plus haut, l’ego et le désir n’apparaissent plus comme des vérités ; ce sont des mensonges qui défigurent la personne véritable et la volonté véritable. La lutte entre les Puissances de Lumières et les Puissances des Ténèbres est une vérité ici-bas ; mais à mesure que nous nous élevons, elle perd de sa vérité, et dans le Supramental, elle n’en a plus du tout.
D’autres vérités subsistent, mais changent de caractère et d’importance, de place dans l’ensemble. La différence ou le contraste entre le Personnel et l’Impersonnel, est une vérité du Surmental (SurMental) ; dans le Supramental, ces aspects n’ont pas de vérité séparée, ils sont un, inséparablement. Mais celui qui n’a pas maîtrisé ni vécu les vérités du Surmental ne peut pas atteindre à la vérité supramentale. L’orgueil incompétent de l’intellect humain établit des distinctions tranchantes ; il veut s’élancer d’un seul bond vers la plus haute vérité, quelle qu’elle soit, et appeler tout le reste mensonge - mais c’est une erreur ambitieuse et arrogante. On doit gravir l’échelle en posant le pied fermement sur chaque échelon si l’on veut arriver au sommet.
C’est une erreur de trop s’appesantir sur la nature inférieure et ses obstacles ; c’est seulement le côté négatif de la sâdhanâ. Il faut les voir et les purifier, mais s’en préoccuper comme de la seule chose importante, n’apporte aucune aide. Le côté positif de l’expérience de la descente est ce qui importe le plus. Si l’on devait attendre que la nature inférieure soit entièrement et définitivement purifiée avant de solliciter la descente de l’expérience positive, on pourrait attendre à jamais.
Il est vrai que plus la nature inférieure est purifiée, plus la descente de la Nature supérieure est facile ; mais il est également vrai - sinon davantage - que plus la Nature supérieure descend, plus la nature inférieure est purifiée. Ni la purification complète ni la manifestation parfaite et permanente ne peuvent se produire tout d’un coup ; c’est une affaire de temps et de progrès patient. L’une et l’autre, purification et manifestation, avancent de pair et deviennent de plus en plus fortes en s’aidant mutuellement. Tel est le cours habituel de la sâdhanâ.
De pareilles intensités ne durent pas tant que la conscience n’est pas transformée : il faut une période d’assimilation. Tant que l’être est inconscient, l’assimilation se fait derrière le voile ou sous la surface, et pendant ce temps la conscience superficielle ne voit que stagnation et perte de ce qu’elle avait acquis. Mais lorsqu’on devient conscient, on peut voir l’assimilation se poursuivre et on s’aperçoit que rien n’est perdu, qu’il s’agit seulement d’une stabilisation tranquille de ce qui est descendu.
L’immensité, le calme et le silence irrésistibles dans lesquels vous vous sentez immergé, sont de que l’on appelle l’Âtman ou le Brahman silencieux. De nombreux yoga ont pour seul but d’obtenir cette réalisation de l’Âtman ou Brahman silencieux, et d’y vivre. Dans notre yoga, ce n’est que la première étape de la réalisation du Divin et de ce passage de l’être en la Conscience supérieure ou divine, que nous appelons transformation.
L’être véritable peut être réalisé sous l’un des deux aspects suivants, ou sous les deux : le Moi ou Âtman, et l’âme ou Antarâtman, appelée aussi être psychique ou chaïtya pourousha. La différence est que l’un est perçu comme universel, l’autre comme individuel et soutenant le mental, la vie et le corps. Quand on réalise d’abord l’Âtman, on le sent séparé de toutes choses, existant en lui-même et détaché, et c’est à cette réalisation que l’image de la noix de coco sèche peut s’appliquer *. Quand on réalise l’être psychique, il n’en est pas de même ; car il nous apporte le sentiment d’union avec le Divin, de dépendance de Lui, d’exclusive consécration au Divin seul, et le pouvoir de changer la nature et de découvrir en nous-même le véritable être mental, le véritable être vital, le véritable être physique. L’une et l’autre de ces réalisations sont nécessaires à notre yoga.
Le ” je ” ou le petit ego est constitué par la Nature ; c’est une formation mentale, vitale et physique à la fois, destinée à faciliter la centralisation et l’individualisation de la conscience et de l’action extérieures.
Quand on découvre l’être véritable, l’utilité de l’ego est passée et cette formation doit disparaître ; à sa place, on perçoit l’être véritable.
Les trois guna sont purifiés, affinés, et transformés en leurs équivalents divins : sattva devient hyôti, la lumière spirituelle vraie ; radjas devient tapas, la force divine tranquillement intense ; tamas devient shama, la quiétude, la paix, le repos divins.
Il existe trois pouvoirs cosmiques, auxquels toutes choses sont soumises : la création, la conservation et la destruction ; tout ce qui est crée dure un temps, puis commence à crouler. Supprimer la force de destruction, implique une création qui ne sera pas détruite mais qui durera et se développera toujours. Dans le monde de l’Ignorance, la destruction est nécessaire au progrès ; mais dans la Connaissance, dans la création de Vérité, la loi est celle d’un déploiement constant sans aucun pralaya.
Lumières sur le Yoga (1935) 1 - Le But
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