Le Papillon Noir
par Supramental Dot Com le 2, septembre , 2007 à 11:05
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Le Papillon Noir
Invitation а un changement radical
Par le Dr. Richard MOSS
C’est l’époque de mon trentième anniversaire qui, pour moi, marque véritablement le temps le plus fort de mon ouverture. Du fait de la nature multidimensionnelle de ce que j’ai vécu, je puis difficilement être objectif en me rappelant cette époque. Je la regarde différemment à mesure que ma pénétration se fait plus profonde. Mais puisque l’on ne peut revenir en arrière, je relaterai cette expérience aussi fidèlement que possible à mon souvenir d’alors.
Le jour de mon trentième anniversaire, j’ai dû recevoir un patient, alors que j’avais décidé de consacrer cette journée à une retraite personnelle. Cet homme avait un cancer en phase terminale et se sentait désespéré. A contre-coeur, j’avais accepté de le recevoir. Plus que de sa maladie, pourtant bien réelle, il souffrait d’un état dépressif et en était arrivé à envisager le suicide. Après avoir parlé avec lui des heures durant, je procédai à un transfert d’énergie qui, à ses dires, le délivra de cet état dépressif. Je ressentis pour ma part une angoisse harcelante et toutes sortes de pressentiments. Pour la première fois de ma carrière, aussitôt que mon client fut parti je lavai tous les draps, aérai la pièce et entrepris pour moi-même un rituel de purification. Mais les pressentiments demeurèrent.
Deux jours plus tard, je me rendis à Lone Pine pour rencontrer Franklin Merrell-Wolff. Je m’arrêtai dans un restaurant pour prendre un café et parcourir rapidement le livre du docteur Wolff : Pathways Through to Space que je voulais terminer avant notre rendez-vous. Presque tout de suite, les mots se mirent à danser sur la page. Je regardai autour de moi et tout semblait vibrer d’énergie. L’air lui-même s’était embrassé, la lumière irradiait et mon corps réagissait comme un réacteur atomique qui se serait emballé. Je quittai le restaurant et remontai une petite route de campagne en direction de la montagne. Je me sentais malade, comme si mon corps allait exploser. Un éclat miroitant s’infiltrait partout et je me mis à me dissoudre dans le monde qui m’entourait.
Au bout de quelques centaines de mètres, je m’assis dans l’herbe. Je regardai autour de moi et me sentis comme si je pénétrais à l’intérieur des plantes. Je passais à travers l’enchevêtrement des tiges, dans la sève, dans les cellules. Une vache paissait dans le champ. Je battis des yeux et mon regard se porta sur elle. Immédiatement, je me sentis me fondre en elle. “Moi” et le monde qui m’entourait n’étions presque plus distincts.
Pas tout à fait cependant : la part de moi qui pouvait .observer essayait de regagner le contrôle pour résister à ce qui se passait. Mes angoisses des jours précédents prenaient une tournure très sombre et je commençai à avoir peur. Mes pensées traversaient mon esprit à une vitesse telle que je ne pouvais même pas les évaluer rationnellement, sans cependant que mon point de vue médical en fût infirmé. Toute une série de diagnostics angoissants m’apparaissait : attaque, choc, psychose, tumeur avec sécrétion d’adrénaline… Bien que j’aie marché lentement et me sois simplement assis, mon coeur battait à tout rompre, mon pouls atteignait les cent vingt. J’étais en excellente santé et mon corps cependant semblait vouloir se disloquer. J’essayais de respirer profondément pour arriver à me recentrer. Rien de ce que j’avais appris ne pouvait m’aider à comprendre cette expérience. Je m’intimai l’ordre de lâcher prise, mais alors la dissolution devint plus totale encore et la peur plus accablante. Je ne sais combien de temps je restai assis sur le bord de la route, une heure peut-être. Je me sentais malade…
L’Amour inconditionnel
Je me rendais compte, d’autre part, que la façon la plus directe d’explorer l’énergie était de travailler en groupe. Ma vie se mit en place autour de cette vocation; un nouveau concept présidait au coeur de cette voie et du travail entrepris: l’Amour Inconditionnel. L’Amour Inconditionnel: je le portais dans mon coeur mais ne pouvais l’expliquer. Il était devenu le but ultime, la condition la plus vraie: ce qu’est le Christ pour un chrétien, l’Amour Inconditionnel l’était pour moi. Je me demandais: “Qu’est-ce que l’Amour Inconditionnel ? Quel sens lui donner dans mes relations, dans mon travail ? ” L’Amour Inconditionnel se fit ma consécration active.
A la lumière de cette consécration, j’approfondis les motivations qui sous-tendaient tout ce que je faisais. La notion d’Amour Inconditionnel se mit à me détourner des buts thérapeutiques auxquels je pensais. Etait-ce réellement aimer autrui que chercher à le changer ? N’était-ce pas impliquer qu’il était inacceptable tel quel ? En considérant l’importance que je pouvais m’attribuer lorque j’avais à mener quelqu’un à une compréhension ou à une prise de conscience nouvelle, je me mis à douter du caractère inconditionnel de mes actes Pour que mes relations puissent devenir plus profondes enco re, il fallait que je cesse d’essayer, que j’arrête d’avoir de:j objectifs. Là, je voulais apporter la meilleure qualité d’énergie et une foule de pensées affluait à mon esprit, du genre: “sent-elle ce que je fais ? Est-ce puissant ? Suis-je un bon guérisseur ? Est-ce que cela marche ? Faut-il que j’insiste ici ?…”
A prendre ainsi conscience de ce total intérêt de moi-même qui, en fait, sous-tendait tout ce que j’entreprenais, je pus saisir mon égotisme et l’affaiblir. Je m’étais fixé un modèle que jamais je ne pourrais atteindre.
Je crus d’abord que pour arriver à l’Amour Inconditionnel, je pouvais faire quelque chose - quelque chose que tout le monde devrait faire; c’était évidemment le comble de l’égotisme. L’erreur est courante dans le mouvement du Nouvel Age, et témoigne d’un problème de translation entre les différents niveaux de conscience. L’univers est organisé sur le principe de l’Amour Inconditionnel; ceci, on le comprend lors de la réalisation. Mais ce principe ne peut plus avoir cours dès que nous revenons à notre dimension habituelle d’espace/temps/causalité; construire sa vie sur cet idéal ne peut que mener à un nouveau paradoxe.
Le paradoxe est néanmoins lui-même une porte donnant sur une dimension supérieure, et c’est précisément ce dont je fis l’expérience.
J’étais sommé de poursuivre ma recherche sur les relations engagées sous les auspices de l’Amour Inconditionnel. Je m’aperçus qu’en reconnaissant mon égotisme et l’intérêt que je me portais à moi-même, j’impliquais de moins en moins ma personne en tant que telle. J’observai ce désir de bien faire, ce besoin de reconnaissance, cette défiance vis-à-vis des hypothèses que j’émettais sur les raisons de mon engagement. Toute pénible que fût cette conscience de soi, je ne la laissais pas m’arrêter. Elle devint un véritable exercice. Il m’apparut bientôt que je ne savais rien. les pensées, bonnes ou mauvaises, dont je me qualifiais, n’étaient jamais que des pensées, dont je me qualifiais, n’étaient jamais que des pensées. Tout ce qui me restait était de demeurer conscient. J’allais donc rester conscient, tout en me fiant à la certitude qu’au-delà de moi, quelque chose de beaucoup plus pur était réellement en train de se mettre en place. Ainsi naquit mon intuition profonde du divin.
Cette intuition m’amena par la suite à un nouveau stade de consécration. Pourquoi, me suis-je demandé, l’Amour Inconditionnel aurait-il davantage de réalité que toute autre de mes pensées que j’ai certifiée, puis progressivement abandonnée ? Il arriva un moment où je m’aperçus que l’Amour Inconditionnel tel que je le concevais était lui aussi une condition. Jamais je ne prenais un moment tel quel constamment je le comparais, le jugeais, comme si le modèle était sublime. Je pris soudain conscience du besoin de contrôle qui se cachait derrière tout cela. Si réellement je croyais à l’existence de l’Amour Inconditionnel, alors il ne devait plus être nécessaire de m’y cramponner, même en tant que croyance. Je fus saisi d’un sentiment de vide et d’obscurité. Face à ce qui me semblait être le summum de la douleur, je devins terriblement introverti. Mon éveil se produisit quelques semaines plus tard et, pour la première fois, je connus l’Amour Inconditionnel directement.
[...] y a quelques temps nous avions présenter un ouvrage de Richard Moss, le papillon noir, voici un entretien avec [...]
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